Entreprises

Hervé Baulme, de la finance à l’insertion des travailleurs handicapés

L’ancien dirigeant d’une entreprise florissante de services informatiques spécialisée dans la finance a décidé, après un pèlerinage à Compostelle, de prendre la tête d’une entreprise d’insertion de travailleurs handicapés.
Sept ans après, Hervé Baulme affirme avoir trouvé dans sa nouvelle fonction une « paix, intérieure et spirituelle »
La carrière d’Hervé Baulme, des logiciels financiers au recyclage d’ordinateur
Les ordinateurs, Hervé Baulme connaît. Après des études en finances aux États-Unis et une première expérience dans une banque d’affaire, l’entrepreneur, accompagné de quelques compagnons de promo, créé l’entreprise Summit en 1989. Grâce à son produit phare, un logiciel à destination des traders spécialisés dans les produits financiers complexes, Summit devient en quelques années une référence pour les bourses du monde entier.
Hervé Baulme était à l’affût des opportunités
L’entrepreneur se décrit à l’époque de la création de Summit comme étant « à l’affût de toutes les opportunités ». Poussé par ses associés, il revend ses parts en 1997. Il décide toutefois de rester dans l’entreprise et dirige le service banque et finance de la multinationale qui a absorbé Summit. L’entreprise, au chiffre d’affaires de plus de 90 millions d’euros, emploie 400 personnes dans les principales places financières de la planète.
Hervé Baulme plaçait ses revenus dans l’investissement solidaire en France
Alors que les grandes banques et les fonds d’investissements comptent parmi ses principaux clients, Hervé Baulme se détourne d’eux pour placer ses revenus. Pour « éviter de passer par des paradis fiscaux opaques » et aussi obtenir « des réductions d’impôts », Hervé Baulme s’adresse à PhiTrust, société spécialisée dans l’investissement solidaire en France.
En 2004, Hervé Baulme a en charge le suivi et le conseil de l’entreprise d’insertion Ecodair
On l’invite en 2004 à intégrer le comité d’investissement de la société, chargé de choisir les entreprises de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans lesquelles le fonds investit. Dans ce cadre, Phitrust le charge de suivre et conseiller une petite entreprise d’insertion dans laquelle elle a placé de l’argent : Ecodair.
Il découvre à ce moment là le milieu de l’insertion par le travail
Fondée par la Fondation Falret, la petite PME emploie des personnes handicapées et opère dans le secteur de la récupération d’ordinateurs usagés. Bien loin de la finance, Hervé Baulme découvre alors le milieu de l’insertion par le travail. Après le monde des logiciels pour traders, il met un pied dans celui du recyclage de composants électroniques.
LE DÉCLIC : POURQUOI ÊTRE DEVENU « ENTREPRENEUr SOCIAL »
En dernière ligne de son CV, après avoir détaillé les différentes étapes de sa carrière d’entrepreneur et de cadre de haut niveau, Hervé Baulme indique : « Chemin du Puy-en-Velay à Saint-Jacques de Compostelle en mai 2005 avant mon virage professionnel ».
En 2005, pour réfléchir, Hervé Baulme prend le chemin de Compostelle
À l’époque, l’entrepreneur trouve moins d’intérêt à sa nouvelle fonction. Il s’agace de la gestion court-termiste de la multinationale pour laquelle il travaille et décide au printemps 2005, de quitter l’entreprise. Pour réfléchir à la prochaine étape, quoi de mieux pour ce chrétien pratiquant, que le chemin de Compostelle ?
Sa femme et un de ses enfants le rejoignent dans sa randonnée
Il randonne d’abord seul pendant une semaine, avant d’être rejoint par sa femme et l’un de ses quatre enfants dans le village de Marcilhac-sur-Célé, au cœur du Parc national des Causses. Pour l’occasion, Hervé Baulme choisit de réserver trois places dans un gîte plus confortable que les dortoirs de pèlerins dans lesquels il avait pris l’habitude d’aller. L’endroit est de fait charmant, dans une bâtisse ancienne avec un joli jardin.
Il reçoit alors un signe du destin
Le lendemain matin, il tombe sur un prospectus de l’œuvre Falret, la fondation qu’il conseille au sujet d’Ecodair. Il découvre alors comme un signe que le gîte dans lequel il vient de dormir est la maison d’enfance de Jean-Pierre Falret, le célèbre psychiatre qui a fondé la fondation au XIXe siècle. « Toi qui attendais des signes, tu es servi », rigole alors sa femme. Pendant le mois et demi de marche qui lui reste, Hervé Baulme continue à réfléchir à la question de son avenir professionnel.
Poussé par un deuxième signe, il rejoint le secteur de l’insertion des personnes handicapées
À la rentrée, nouveau signe. La Fondation Falret l’appelle. Le directeur général d’Ecodair a décidé de partir, on lui demande des conseils sur le profil du successeur. Au fur et à mesure de la rédaction de la fiche de poste, l’idée de postuler lui-même s’impose. C’est donc à 51 ans, « poussé par le destin », qu’Hervé Baulme investit le secteur de l’insertion des personnes handicapées par le travail.
L’entrepreneuriat social, un secteur dynamique et porteur de sens
En prenant ses nouvelles fonctions, Hervé Baulme retrouve « une paix, intérieure et spirituelle ». « Dans le monde de l’entreprise, on sait récompenser avec des bonus, des promotions, raconte le directeur. Je trouve à la tête d’Ecodair d’autres satisfactions, comme d’observer des personnes handicapées et désocialisés qui remontent la pente en douceur. »
Hervé Baulme, entrepreneur dans l’âme, transforme la petite PME et déploie beaucoup d’énergie
Sur le plan professionnel, Hervé Baulme se sent toujours entrepreneur. Il gagne de nouveaux marchés et transforme la petite PME. Alors que les ordinateurs étaient auparavant détruits pour en recycler les composants, il décide de reconditionner les plus récents pour les revendre à bas prix à des associations. « Certains proches me conseillaient d’attendre la retraite pour m’engager dans le secteur associatif. Mais pour faire vivre une entreprise comme Ecodair, c’est un vrai combat, qui demande beaucoup d’énergie ! ».
L’entrepreneuriat social présente un secteur plein d’avenir
En plus des réseaux des associations d’insertion par le travail, Hervé Baulme fait toujours partie du comité d’investissement de Phitrust. L’entrepreneuriat social présente pour lui un secteur plein d’avenir. « Ça fait plaisir de voir de plus en plus de projets portés par des jeunes qui renoncent à un salaire, une position sociale, et qui adhèrent à fond à ce nouveau modèle. »

Par Julien Duriez
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Le chômage des handicapés en hausse de 60% en quatre ans

Le chômage des personnes handicapées est en hausse de 60% en 4 ans. Sur 2 millions de personnes, seulement 700.000 travaillent. Leur taux de chômage est de 21%, le double de celui de la population totale.
Ouverture de la 17ème édition de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées
La 17e édition de la Semaine pour l’emploi des personnes handicapées s’ouvre lundi dans une situation d' »urgence« , avec un chômage en hausse de 60% en quatre ans, alertent des associations. « Il y a urgence. Le chômage des personnes handicapées a augmenté de 60% depuis quatre ans. Cette situation supposerait une mobilisation des entreprises et des pouvoirs publics, beaucoup plus forte que celle qu’on a aujourd’hui« , estime Véronique Bustreel, conseillère nationale chargée de l’emploi à l’Association des Paralysés de France (APF).
Deux millions de personnes de 15 à 64 ans sont reconnues administrativement comme personne handicapée
Deux millions de personnes de 15 à 64 ans ont une reconnaissance administrative de leur handicap en France métropolitaine, selon une récente étude de la Dares (Ministère du travail), portant sur les chiffres de 2011. Seulement 700.000 travaillent.
Les personnes souffrant de handicap sont fragilisées par la crise économique
Plus âgées et moins diplômées que la moyenne (51% n’ont aucun diplôme ou seulement le BEPC, comparé à 31% pour l’ensemble de la population), leur taux de chômage est de 21%, plus du double de celui de la population totale. « Le manque de qualifications des personnes en situation de handicap, et la représentation négative du handicap dans les entreprises – qui l’associent trop souvent à ‘absence’ ou ‘manque de performance’ – font que plus que les autres, ils vont être fragilisés par une crise économique« , souligne Valérie Paparelle, directrice générale adjointe de l’Adapt (Association pour l’insertion sociale et professionnelle des handicapés).
L’Adapt a axé cette semaine de sensibilisation sur l’insertion professionnelle des jeunes
L’Adapt, qui a créé cette semaine de sensibilisation ponctuée de forums et conférences, a souhaité l’axer cette année sur l’insertion professionnelle des jeunes, et mettre l’accent sur l’Europe pour mettre en valeur les expériences positives menées dans certains pays.
Obligation d’employer 6% de handicapés
Le futur projet de loi réformant la formation professionnelle et l’apprentissage aura un volet handicap, a annoncé la ministre déléguée au handicap, Marie-Arlette Carlotti. Les entreprises de plus de 20 salariés ont l’obligation d’employer 6% de personnes handicapées sous peine de pénalités financières, mais le taux moyen dans le privé comme dans le public est encore inférieur à 4%.
Une entreprise peut recourir à des sous-traitants employant des personnes handicapées et éviter de payer des pénalités
Plus de 80% des personnes handicapées qui travaillent sont en milieu « ordinaire« . Celles qui n’ont pas acquis suffisamment d’autonomie peuvent travailler en milieu « protégé« , c’est-à-dire dans des Esat (établissements et services d’aide au travail) ou des entreprises adaptées (EA). A défaut de recruter directement, une entreprise peut recourir à des sous-traitants employant des personnes handicapées, et éviter ainsi de payer des pénalités.
Les ESAT et EA diversifient leur activité
Pour faire face à la crise, les Esat et EA diversifient leurs activités. « Certains secteurs comme la sous-traitance automobile, où nous étions il y a une dizaine d’années, n’ont pas survécu« , explique Michel Jeanbille, directeur d’APF Entreprises, qui fédère 53 établissements employant 3.000 salariés handicapés. Ce réseau, qui compte par exemple parmi ses clients de grands groupes comme Air France, dont il reconditionne les casques audio, ou ERDF dont il recycle les compteurs, se développe ainsi dans le secteur tertiaire (centres d’appels) et développe des produits « verts » tels que toilettes sèches ou brasseurs de compost.
Transférer la tutelle des Esat de l’Etat aux conseils généraux
Marie-Arlette Carlotti a affirmé sa volonté de faciliter le passage des travailleurs handicapés entre le milieu « protégé » et le milieu ordinaire.
Mais les associations regrettent que le projet de budget 2014 ne prévoit pas de création de nouvelles places en Esat. « Pour des raisons budgétaires, on arrive difficilement à insérer durablement une personne handicapée mentale en milieu ordinaire« , déplore Thierry Nouvel, directeur général de la fédération Unapei, souhaitant que des moyens soient mobilisés pour « moderniser les Esat » et « pour accompagner des handicapés mentaux dans le milieu ordinaire de travail« . Le projet du gouvernement de transférer la tutelle des Esat de l’Etat aux conseils généraux constitue une autre source d’inquiétude. « La décentralisation risque d’accentuer les inégalités de traitement  » sur le territoire », estime Thierry Nouvel.

Par La rédaction de RTL.fr, avec AFP
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Lilial. Le patron transforme son handicap en réussite près d’Angers

Un accident a cloué Denis Marliac dans un fauteuil. Aujourd’hui, près d’Angers, il est à la tête d’une société de 60 salariés. Lilial distribue des produits pour les handicapés et vient d’être primée par le prix des entrepreneurs E&Y.
La société Lilial a remporté le prix de l’engagement sociétal
Denis Marliac a des gestes brusques et un débit parfois saccadé. « Les membres inférieurs et supérieurs répondent mal. Je suis touché dans tout mon corps », explique-t-il posément, assis dans son fauteuil roulant, au rez-de-chaussée de son entreprise : Lilial, rue de la Claverie, à Saint-Barthélemy-d’Anjou. Avec ses 60 salariés, la société vient de remporter le prix de l’engagement sociétal. Son patron y est pour beaucoup. Retour sur une histoire humaine peu banale et, quelque part, exemplaire.
Un an de rééducation
Tout commence par une belle journée d’été, sur la plage d’Hourtin, dans le Médoc. Denis Marliac, alors âgé de 22 ans, joue au ballon. Il plonge pour récupérer la balle mais il n’y a pas suffisamment d’eau. Il se brise la nuque sur le sable. « Mes cervicales ont explosé sous le choc. Dire que j’avais entendu parler de tétraplégie la veille au soir. Je ne savais pas ce que c’était… » L’homme a du caractère : « Je me suis bagarré dès le départ pour remonter la pente. »
Denis Marliac reprend des études et après avoir travaillé à la Banque Populaire, devient directeur départemental chez les Paralysés de France
Au bout d’un an de rééducation « pour réapprendre à vivre avec ce qui reste », il retourne chez ses parents, à Limoges. Dans l’impossibilité de poursuivre son métier de commercial itinérant, il suit des cours de gestion et passe sa maîtrise. Il milite dans une association pour rendre accessible la fac aux handicapés et aux étudiants malades. C’est là qu’il rencontre son épouse. Après un passage par la Banque populaire, il entre chez les Paralysés de France et devient directeur départemental du Maine-et-Loire, en 1994.
En 2001, Denis Marliac reprend des cours de langue et réfléchit
Il se donne beaucoup, trop peut-être. En 2001, c’est le burn-out suivi d’une grosse dépression. Il fait une pause de 18 mois, reprend des cours de langues et cogite. « J’ai eu des problèmes pour me fournir en matériels : sondes et poches urinaires, étuis péniens. J’avais besoin de discrétion, d’intimité, de confort. Et les dépassements de prix me chagrinaient aussi. » D’où l’idée : pourquoi ne pas livrer gratuitement ces produits chez les particuliers.
Création de la société Lilial en 2003
Lilial naît en 2003, dans un petit local décrépi, rue du Hanipet, à Angers. « Lilial, c’est le blanc du lys, symbole de la pureté de notre travail, quelque chose de différent des autres. »
Lilial apporte chez le patient le dispositif médical à usage unique pour son retour à domicile
Les premiers clients deviennent les premiers délégués de l’entreprise. « Nous ne vendons rien, nous délivrons. C’est le corps médical qui nous oriente vers le patient, pour son retour à domicile. Nous livrons chez lui le dispositif médical à usage unique : sondes, poches, étuis, matériels de stomathérapie et de cicatrisation, pansements… Nous avons plusieurs milliers de références. »
Dès 2011, Lilial couvre toute la France et recrute aussi des personnes en situation de handicap
En 2011, Lilial parvient à couvrir l’ensemble de la France. La société propose également une gamme de vêtements adaptés pour les personnes en fauteuil roulant. Elle recrute comme délégués infirmières, aides-soignants et personnes en situation de handicap. « J’ai voulu générer une mixité du savoir. Nous pratiquons l’empathie positive, pour redonner confiance aux gens. Et la vie continue, le mieux possible ! »
Apporter du bien-être
Voici quelques jours, Lilial était primée pour son engagement sociétal. Une reconnaissance juge Denis Marliac. « Il faut considérer ses salariés, les écouter, les faire grandir dans l’entreprise. Et respecter son client. C’est une logique tournée autour de l’homme et non pas de l’argent. »
Denis Marliac s’investit beaucoup, jusqu’à l’épuisement
Il donne beaucoup. Son entourage a parfois du mal à suivre son côté un peu désordonné. Il reconnaît qu’il s’épuise : « Dans le fauteuil, on vieillit plus vite. Les années comptent double. Le corps souffre. Il me faut plus de temps que d’autres pour récupérer. »
Denis Marliac s’épanouit dans son métier tout en apportant du bien-être
Pour autant, Denis Marliac se dit heureux. « Que peut-on souhaiter de mieux que de s’épanouir dans son métier et apporter du bien-être aux gens. Si tout le monde y parvenait, la société tournerait plus rond. »

Par Jean-Michel HANSEN
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Handicap : l’apprentissage, un tremplin à développer

Dans un contexte d’emploi délicat, l’apprentissage est un mode de formation à ne pas négliger. Pour les personnes en situation de handicap, il paraît même idéal en alliant emploi et qualification, deux facteurs pas toujours faciles à obtenir. Mais il y a encore du chemin pour en faire une voie prisée par ce public.
Les acteurs de l’apprentissage dans l’Essonne ont été honorés
Les acteurs de l’apprentissage dans l’Essonne ont été honorés, jeudi 24 octobre 2013, à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), lors d’une petite cérémonie. Luc Ferry comptait parmi les invités du jour. L’ancien ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche a tenu à témoigner son soutien aux formations en alternance de ce genre. Il a également remis le prix «Handi’Apprentissage» récompensant trois entreprises du 91 engagées dans l’accueil d’apprentis en situation de handicap.
Faurecia, Safran-Snecma et Assor France ont été distinguées
Faurecia (Etampes), Safran-Snecma (Corbeil-Essonnes) et Accor France (Evry) ont ainsi été distinguées. Bertrand Guimard, directeur de Faurecia, a fait part de sa satisfaction à propos de l’apprenti en situation de handicap qu’il emploie, précisant qu’il retenterait l’expérience volontiers. Grégoire Binet, qui dirige l’usine de Safran-Snecma, a félicité l’excellent travail de Raphaël, son apprenti titulaire d’un Bac Pro Usinage avec mention Très bien. Enfin, Laurence Caron (directrice de l’Académie Accor) a souligné l’épanouissement de Maxime au sein de son entreprise.
Une vraie volonté de développement
Ces témoignages de réussite donnent du crédit à la formule de l’apprentissage pour les personnes handicapées. Sur le département, on relève un désir manifeste d’en faire une option de choix par rapport aux voies de formations traditionnelles. Pour les personnes handicapées souhaitant s’engager dans l’apprentissage, il n’y a pas de limite d’âge, contrairement aux règles en vigueur habituellement (de 16 à 25 ans). Le contrat signé peut lui être rallongé d’un an (soit un engagement maximal de quatre années). Et des aides financières conséquentes sont allouées aux employeurs et aux apprentis, selon le poste occupé et le handicap dont il est question.
Les entreprises seraient de moins en moins réticentes à l’embauche d’apprentis en situation de handicap
Quant aux entreprises, il semble qu’elles soient de moins en moins réticentes à l’embauche d’apprentis en situation de handicap. Celles comptant au moins 20 salariés sont tenues, selon la loi, à une obligation d’emploi de personnes handicapées (6% de l’effectif total). Dans le cas où elles ne s’y plient pas, elles doivent alors s’acquitter d’une contribution annuelle auprès de l’Agefiph, organisme œuvrant pour l’ouverture de l’emploi aux personnes handicapées (contribution calculée selon le nombre de personnes qu’elles auraient dû employer). Si beaucoup privilégient encore l’alternative de la contribution, l’embauche d’apprentis handicapés n’est plus tant perçue comme contraignante – les témoignages des employeurs volontaires en attestent.
Les entreprises engagées veulent accueillir des apprentis en situation de handicap
Mieux, l’accueil d’apprentis en situation de handicap n’apparaît pas tant comme une contrainte législative, mais comme un vœu de la part des entreprises engagées. Sabine Guillemin, responsable Mission Handicap auprès de la Faculté des Métiers, confirme à Essonne Info un élan favorable de la part des entreprises essonniennes :

«Il y a une prise de conscience. Beaucoup de cabinets conseils sont sortis pour aider les entreprises à embaucher, dans le cadre de l’apprentissage, des travailleurs handicapés pour répondre à l’obligation d’emploi. Certes, cela dépend toujours des entreprises. C’est lié à un facteur humain. On sent une réelle volonté sur le département.»
Des disparités selon les handicaps
Si les exemples de réussite existent, l’apprentissage pour les personnes en situation de handicap demeure encore un dispositif mineur. On compte en France moins de 4 000 apprentis handicapés sur la totalité du nombre d’apprentis. L’apprentissage traîne encore, auprès de tous les publics, une réputation de voie secondaire, plutôt privilégiée par des jeunes en froid avec les études. Une image que les acteurs de l’alternance veulent effacer, à coups de communication et de promotion.
L’apprentissage est un moyen d’accéder à des formations, s’il n’y a pas de contre-indications
«L’objectif est de faire comprendre aux personnes qu’elles peuvent passer par de l’apprentissage, à partir du moment qu’il n’y a pas de contre-indications. On n’est pas obligé de passer uniquement par du spécialisé pour accéder à des formations», déclare Mme Guillemin.
L’investissement dépend du handicap et du métier

Au sein de la CCI, on note également des différences de proportions au sein des apprentis handicapés, et ce à l’échelle nationale. En effet, les apprentis porteurs d’un handicap intellectuel représentent 92% de la totalité des personnes handicapées sous contrat d’apprentissage. Un écart qui s’explique en partie par les mesures d’accompagnement mises en place, inégales selon les typologies de handicap. Les hésitations initiales quant aux moyens humains et financiers nécessaires pour encadrer un apprenti handicapé sont aussi à prendre en compte. «On ne peut pas généraliser sur le fait que tous les handicaps nécessitent un investissement. Cela dépend du handicap et du métier», affirme Sabine Guillemin.
Les partenaires engagés raisonnent en termes de développement et de réussite personnels
En dépit de ces freins, tous les partenaires engagés en faveur de l’apprentissage pour les personnes handicapées entendent poursuivre leur combat. Et ils ne raisonnent pas tant en terme de chiffres, mais plutôt en terme de développement et de réussite personnels.
Par Nicolas Bamba
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Pau : le festival du handicap cherche du soutien

Du 26 septembre au 5 octobre, l’association CQFD Aquitaine (Ceux qui font les défis) organise la 3e édition du festival « Cultures et handicap« 
L’événement aura lieu du 26 septembre au 5 octobre. L’association CQFD Aquitaine (Ceux qui font les défis), présidée par Virgine Duhamel, organise la 3e édition du festival « Cultures et handicap« . Au menu, colloque, activités culturelles, sportives et artistiques, échanges, concert…
La 3e édition du festival du handicap dédiée à Georges Girin, ancien président de la Maison des sourds
Le comité d’organisation s’est réuni mardi dans les locaux de la Maison des sourds. La 3e édition du festival du handicap sera en effet dédiée à Georges Girin, président de la Maison des sourds, décédé en début d’année.
L’idée du projet est d’encourager l’inclusion des personnes handicapées dans le département
Des bénévoles et des associations sont venus « prêtés main-forte » pour l’aboutissement du projet prévu initialement. « Il s’agit d’un projet de grande ampleur puisque l’idée est de pouvoir amener un changement dans l’inclusion des personnes handicapées dans le département« , explique Virginie Duhamel qui pointe du doigt des obstacles parfois très concrets : « Comment aboutir sur des actions pertinentes lorsque les partenaires privés restent distants à ce projet pourtant novateur dans la région ?« 
La manifestation en région parisienne touche davantage les entreprises locales
« Dans la région parisienne, la manifestation suscite beaucoup plus d’engagement des plus grosses entreprises locales« . Mardi soir, Anaïs, étudiante à l’école de commerce de Lyon, a apporté pendant la réunion, son regard critique et professionnel sur la manière de présenter le projet aux entreprises locales.
Le programme reçoit le soutien de la mairie de Pau
Le programme a ensuite été finalisé grâce aux participants présents. Les organisateurs vont pouvoir entrer dans le vif du sujet ce mois-ci. « Grâce au soutien de la mairie de Pau qui nous aide à pérenniser ce festival depuis 2009« , remercie la présidente de l’association CQFD.
Si d’autres bénévoles ou partenaires financiers souhaitent soutenir le projet, ils peuvent contacter Virginie Duhamel au 06.17.90.16.08.

Par larepubliquedespyrenees.fr
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L’ aéronautique s’ouvre au handicap

Les grandes entreprises de l’aéronautique se mobilisent pour l’emploi des handicapés. Sous la bannière de l’association « Hanvol », elles mettent en commun leurs expériences et leurs moyens en matière d’intégration des personnes en situation de handicap. Un secteur qui propose une vaste palette de métiers accessibles à tous.
L’industrie aéronautique est un secteur porteur qui souhaite s’engager pour la diversité
Ajusteur, monteur, mécanicien , électronicien, dessinateur projeteur, autant de métiers méconnus et pouvant paraitre inaccessibles aux personnes handicapées. Pourtant l’industrie aéronautique est un secteur porteur qui a la volonté de faire plus pour la diversité.
Les groupes Safran, Thales, Astrium, MBDA, Dassault aviation, UTC aerospace systems, Airbus, Assystem et Liebherr facilitent l’intégration des handicapés dans leur secteur
Regroupées au sein de l’association Hanvol, les entreprises, Safran, Thales, Astrium, MBDA, Dassault aviation, UTC aerospace systems, Airbus Assystem et Liebherr travaillent ensemble pour partager et imaginer des dispositifs facilitant l’intégration des handicapés dans leur secteur.
Reconnus pour leur compétence
Le handicap est le plus souvent invisible mais nécessite une formation. Les candidats déposent leur CV et lettre de motivation sur le site de Hanvol, ceux qui sont retenus suivent ensuite une préformation de 10 semaines avant que leur candidature soit présentée aux entreprises.
Après un contrat en alternance, Romain travaille maintenant sur la chaîne d’assemblage de l’A380
Intégré chez Airbus, Romain non-voyant de 26 ans a d’abord été retenu en contrat en alternance, ce qui lui a donné le temps de maitriser parfaitement son poste de travail. Aujourd’hui il travaille en open space sur la chaine d’assemblage de l’A380 à Toulouse où il gère sur informatique toutes les non-conformités.
Romain s’ est parfaitement intégré à l’équipe
Reconnu pour ses compétences, Romain s’ est parfaitement intégré à l’équipe grâce aux gens dit-il : « tout est une affaire de relations humaines et de reconnaissance de votre savoir-faire ».
Un parcours partagé par tous
A la mission handicap d’Airbus on insiste sur l’encadrement et la formation des candidats, mais aussi beaucoup sur la formation des managers et la sensibilisation des équipes. Adhésion et adaptation doivent être les maitres mots pour une intégration réussie.
Depuis 2011, Airbus France a intégré 185 personnes en situation de handicap
Depuis 2011 Airbus France a intégré 185 personnes en situation de handicap en contrat par alternance, CDI ou même en stage, car l’ objectif est de permettre aux handicapés de découvrir les métiers de l’aéronautique et les perspectives de ce secteur ouvert à la diversité.
Hanvol était présente au Salon du Bourget
A l’occasion du Salon du Bourget, Hanvol a présenté ses actions en faveur des handicapés.

Par franceinfo.fr
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